La vie de Saint-Jacques

À la découverte de Jacques le Majeur

LES ORIGINES DE SAINT-JACQUES


Il s’appelait Yaakov ou Jacob Bar-Zebdi mais nous le connaissons plutôt comme Jacques le fils de Zébédée, Saint Jacques, Jacques le Majeur (pour le différencier de l’autre apôtre Jacques, le fils d'Alphée nommé le Mineur) ou Santiago en Espagne. D’après les récits chrétiens, il serait né vers l’an 5 avant JC en Galilée, fils de Zébédée et de Marie Salomé et était le frère aîné de Jean, apôtre lui aussi. Marc nous raconte que son maître Jésus a surnommé les deux frères «boanergués», ce qui veut dire les « fils du tonnerre ». Les deux frères étaient pêcheurs, et c’est pendant leur travail sur le lac de Génésareth, qu’ils ont été appelés par Jésus de Nazareth pour le suivre. Notons qu’ils sont parmi les premiers disciples et les plus appréciés par le Maître.

 

Fronton de l'église de compostelle

De ce fait, Jacques a été présent dans les épisodes les plus importants racontés par les évangiles. Il a été un des trois apôtres qui ont assisté à la transfiguration (métamorphose) de Jésus, lorsqu’il se transforme pour montrer sa nature divine entre les prophètes Elie et Moise. Il a été également témoin de la prière au jardin des Oliviers avec Pierre et son frère. Après la résurrection, il se trouvait dans le petit groupe qui a vu Jésus au lac de Tibériade et participé à la pêche miraculeuse. Les Actes des Apôtres racontent qu’il reçoit le Saint Esprit sous la forme de langues de feu lors de l’épisode de la pentecôte (vers l’an 33). C’est à partir de ce moment-là qu’il va prendre son bâton, ainsi que le bateau, et parcourir les chemins pour évangéliser l’occident.

25 juillet : la fête de Jacques le Majeur

La fête de Saint-Jacques est le jour où les cœurs des pèlerins battent à l'unisson, en hommage à l'apôtre qui a inspiré des générations à chercher la foi et l'aventure sur le chemin de Compostelle. Chaque année, la ville de Santiago-de-Compostela célèbre son saint durant plusieurs jours avant la grande fête du 25 juillet

En outre, lorsque le 25 juillet tombe un dimanche, une année jubilaire (ou sainte compostellane) est décrétée sur les chemins de Compostelle. Elle attire davantage de pèlerins et de nombreuses festivités et cérémonies sont organisées. Les prochaines années jubilaires sont en 2027 et 2032.

 

 

SAINT-JACQUES EN ESPAGNE

L’histoire n’a jamais pu prouver d’un point de vue rigoureux la présence de Saint Jacques en Espagne ni décrire le périple exact qu’il aurait suivi ; on est dans le domaine de la légende, des récits chrétiens et des traditions, certaines très anciennes... La légende du voyage de Jacques en Occident date du VIᵉ siècle et encore une fois, d’un point de vue historique, la présence de l’apôtre en Espagne est fortement mise en doute.

D’après la légende, donc, Jacques traverse la Méditerranée pour prêcher le christianisme dans la romaine Hispanie, la Péninsule Ibérique. Vers l’an 650, l’évêque Isidore de Séville a écrit dans son De Ortu et Obitu Sanctorum Patrum: « Jacques, fils de Zébédée et frère de Jean [...] prêcha l'Évangile en Hispanie, dans les régions occidentales, et diffusa la lumière de sa prédication aux confins de la Terre ». Ces confins de la Terre sont le Finisterre (Finis Terrae), le cap le plus occidental de la Galice. Il y a des récits différents sur son itinéraire. D’après certains, il aurait traversé en bateau les « Colonnes d’Hercule » (rebaptisées par les arabes comme le Djebel Tarik ou Gibraltar), pour longer les côtes portugaises et débarquer en Galice pour commencer son travail. D’après d’autres récits, il serait arrivé à cette région en suivant la Vallée de l’Ebre depuis la Méditerranée et en passant au pied des actuels « Picos de Europa ».

plafond-eglise-compostelle

La tradition raconte que Saint Jacques a fait sept disciples en Espagne qui le suivaient ; ces disciples ont voyagé à Rome et ont été ordonnés évêques par Saint Pierre, lui-même, le premier pape.

Une ancienne légende trouvée dans un manuscrit du XIIIᵉ siècle raconte que Jacques était à Caesaraugusta, l’actuelle Saragosse, assez découragé par le manque de succès qu’il avait dans les terres aragonaises. La vierge lui serait apparue en chair et os sur un pilier de marbre ; il aurait ainsi retrouvé courage et enthousiasme, et aurait commencé à avoir des convertis. Il aurait fait bâtir une chapelle autour du pilier laissé par la vierge, sur les rives de l’Ebre. Cette chapelle, agrandie au long de l’histoire, correspond à la grande basilique de la « Virgen del Pilar » (la Vierge du Pilier) où est encore conservé et vénéré le supposé pilier. Le prénom de femme Pilar, très répandu en Espagne, spécialement en Aragon, vient de ce pilier. En rapport avec cet épisode, un évangile apocryphe raconte que la vierge Marie, voyant arriver sa mort, reçoit la visite de son fils Jésus ; elle lui exprime son souhait de revoir tous les apôtres avant de mourir ; ceci est impossible, car ils sont tous dispersés : la solution, les visiter un par un là où ils se trouvent… Ceci serait à l’origine de l’apparition à Jacques à Saragosse.

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LE RETOUR EN JUDÉE ET SA MORT

Historiquement, on situe la présence des premières communautés chrétiennes en Espagne entre les siècles II et III, mais certaines traditions racontent que le développement du christianisme en Espagne a été très rapide grâce à Jacques le Majeur. C’est alors qu’il déciderait de rentrer à Jérusalem en laissant à ses sept disciples la tâche de continuer le travail. Son souhait aurait été de revoir une dernière fois la vierge Marie encore en vie.

Revenu en Judée, il continue à prêcher d’après certains apocryphes. Les Actes des Apôtres (12:1-3) racontent qu’après un prêche, vers l’an 44, il est arrêté par ordre d’Hérodes Agripa I, roi de Judée. Martyrisé et tué par l’épée, il devient l’un des premiers martyrs chrétiens.

SA DÉPOUILLE DE RETOUR EN ESPAGNE

La légende (ou plutôt le mythe) ne s’arrête pas là, puisque que ses disciples auraient alors embarqué son cadavre sur un mystérieux bateau en pierre, traversé la Méditerranée, et, par la côte atlantique, seraient arrivés au Cap Finisterre pour l’enterrer à l’actuel Santiago de Compostela.

Texte rédigé par Gonzalo Lopez