Rencontres sur le chemin du Puy-en-Velay à Conques



Randonnée sur la voie du Puy - Tilby Vatard


Rencontre sur la voie du Puy-en-Velay - Tilby

 

Randonneurs sur le GR 65 - Tilby

 

Rencontre sur la voie du Puy - Tilby

 

Randonneur sur la voie du Puy-en-Velay - Tilby

 

La célèbre voie du Puy-en-Velay est aussi celle qui est la plus empruntée par les pèlerins vers Saint-Jacques de Compostelle. La rencontre et l'échange font partie intégrante de l'itinérance. Portraits de marcheurs rencontrés au fil du chemin. 

Des coquilles en métal incrustées dans le sol indiquent l'itinéraire à suivre. Pas moins de sept GR partent du Puy ou passent par cette préfecture : le GR 65 mais aussi le GR 70, ou chemin de Stevenson, ou le GR 430, appelé chemin de Saint Régis. Il serait dommage de manquer le bon embranchement ! D'autres indices guident les pas, comme des statues de saint Jacques encastrées dans des façades colorées. Une première côte mène au plateau du Devès. Le chemin couvert de scories noires et rougeâtres crisse sous les souliers, entre des champs de la célèbre lentille locale. Les conversations vont bon train. Un Américain du Tennessee au prénom et au nom bien français, Laurent Durand, a plaisir à bavarder.

Rencontres sur le chemin de Compostelle

"Cela fait plusieurs générations que ma famille a émigré aux états-Unis. Dentiste, j'ai revendu ma clinique et je voulais faire une coupure, au pays de mes ancêtres. J'avais envie d'explorer un autre territoire que nos sentiers où tu peux ne croiser personne pendant 400 kilomètres !", raconte celui qui a été inspiré par le film américain, The Way, la route ensemble (2010) avec l'acteur Martin Sheen qui prend son bâton de pèlerin. Laurent dépasse Véronique, directrice d'une banque à Annecy. "C'est la première fois que je pars seule. Je programmais ce périple depuis des années avec des amies qui ont fini par partir sans moi, car je n'étais jamais disponible. J'ai enfin pris le temps de chercher mon chemin, et j'espère le trouver !", souligne la dynamique blonde quinquagénaire.

Une partie de la cohorte se pose sur les chaises d'une buvette aménagée dans une caravane en amont de Saint-Christophe-sur-Dolaison. Yannick, 38 ans, chanteur dans un groupe de chanson française, parle météo avec André, retraité, en buvant un café. Il espère trouver l'inspiration au cours de cette parenthèse. Charlotte, 30 ans, a déjà une coquille accrochée à son sac. Elle n'a pas hésité à se raser le crâne, caché sous un bonnet. "C'est un peu radical ! Mais je cherchais à me dépouiller, motivée par le désir de passer à une autre étape de ma vie, après avoir participé à la création d'une pâtisserie spécialisée dans la meringue, à Paris, et écrit un livre de recettes", confie-t-elle. La veille, quand elle attendait ses compagnons de covoiturage pour rejoindre Le Puy, la capuche de son sweat-shirt sur la tête, elle s'est sentie tel un moine moderne. Philippe, 59 ans, postier dans l'Ain tout fraîchement retraité, l'a prise sous son aile. Ils parlent nourriture. Avec une anecdote qui donne l'eau à la bouche : le gîte religieux où il a passé la nuit, près de la cathédrale, avait reçu un don de plusieurs kilos de foie gras qui a comblé les papilles de ses hôtes...

Magie du chemin

En préparant son itinéraire, ou de retour de son périple, difficile de ne pas croiser quelqu’un qui a déjà parcouru le chemin de Compostelle. De retour à Paris, dans un minuscule salon de coiffure à Montmartre, une cliente évoque son expérience sur la via Podiensis. Nous réalisons que nous avons dormi le même soir à l’abbaye de Conques ! Agnès, encadreuse de tableaux à Montreuil (93), marchait avec un groupe d’amis. Ni une ni deux, elle m’invite à leur amical dîner de retrouvailles. La magie des rencontres qui se poursuit après le chemin !

 

Textes : Mathilde Giard - Photos : Tilby Vattard

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