Mauro Carraro est un jeune réalisateur italien de films d’animation. Issu d’un milieu très sensible à l’art (petit-fils de mosaïste, fils d’architecte), son parcours académique a évolué entre les arts appliqués, le design visuel, et l’animation 2D/3D. C’est pendant ses études au sein de l’Ecole du film d’animation et de l’image de synthèse d’Arles qu’il a décidé d’entreprendre le Chemin de Saint Jacques de Compostelle. 1600 km avalés en 2 mois, d’abord seul sur le Chemin d’Arles, puis en compagnie de pèlerins rencontrés sur le Camino Frances , et enfin sur le Camino Del Norte.

De cette expérience est né un film, Hasta Santiago, sélectionné en compétition internationale par le Festival International du Court-Métrage de Clermont-Ferrand. Via Compostela a profité de la visite de Mauro en terre auvergnate pour le rencontrer.

Découvrez le trailer du court-métrage d'animation Hasta Santiago :

 
 
Illustration Hasta Santiago, le film d'animation

1. Qu’est-ce qui t’a poussé à partir sur le Chemin de Compostelle ?

« A Arles, je vivais dans un immeuble situé à deux pas du Chemin de Saint Jacques. J’ai donc vite été interpellé par la vue de ces marcheurs aux sacs à dos bien remplis. C’est en discutant avec plusieurs d’entre eux que j’ai compris qu’il se passait là quelque chose de très particulier. J’ai finalement décidé de parcourir le Chemin d’Arles en solitaire après ma dernière année d’études. »
 

2. Que t’a inspiré le patrimoine religieux présent sur le Chemin d’Arles ?

« Les églises sont des éléments très importants du chemin de Saint Jacques : c’est vrai qu’on a souvent envie de se recueillir ou de se livrer dans une église. Je pense que le patrimoine religieux est un vrai repère pour tous les pèlerins, croyants ou pas. C’est un sentiment qui rejoint celui que l’on ressent vis-à-vis des choses matérielles : on s’en détache progressivement tout en ayant conscience de s’enrichir spirituellement. »
 

3. Comment est née l’idée de réaliser un court-métrage d’animation sur ton expérience ?

« Comme beaucoup de pèlerins, j’ai parlé de mon expérience à mon entourage pendant des mois ! Puis j’ai commencé à coucher de petites histoires sur le papier, illustrées de personnages que j’avais rencontrés. Parallèlement, j’ai dessiné des strips (petites séquences auto-conclusives) représentant les souvenirs plus bucoliques du voyage, toujours accompagnés d’une poésie ou d’un texte vocatif. Le gros du travail étant entamé, j'ai utilisé le personnage qui est mon alter ego comme vecteur pour raconter l'histoire et faire voyager le spectateur dans un ordre chronologique, étape après étape. 
 

4. Comment se sont déroulées la production et la promotion du film ?

« J’ai commencé par proposer mon idée au studio pour lequel je travaille depuis 4 ans, basé à Genève. Entre la recherche de fonds et la réalisation du film proprement dite, deux ans se sont écoulés avant d’obtenir le projet fini. En ce qui concerne la technique, il s’agit de 3D non photo-réaliste ou comme j'aime l'appeler la « 3D sensible ». En gros, on a utilisé les nouvelles technologies digitales pour retranscrire mes aquarelles dans un environnement 3D. Cela permet notamment de pouvoir contrôler ou ajouter des couches de traits encrés, des hachures au pastel sur les personnages, etc. Ça représente un vrai gain de temps sur l’animation traditionnelle.
 
J’ai eu l'honneur de présenter Hasta Santiago en avant-première mondiale au prestigieux Festival du Film de Locarno (Suisse) et dans de nombreux autres, un peu partout dans le monde. C’est d’ailleurs grâce à sa sélection par le Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand que nous nous rencontrons aujourd’hui ! Le film a gagné des prix en Ukraine, en Pologne, au Mexique, en Corée, en Espagne et en Suisse. Être sélectionné par un festival est toujours émouvant pour moi, mais gagner un prix confirme que l’on est sur le bon chemin et donne de l’élan pour de futurs projets. »
 

A voir également, notre interview exclusive vidéo de Mauro Carraro : 

 

 

 

 

PARTAGEZ CET ARTICLE :