Partie 1 : Introduction à la Via de la Plata

Reporter outdoor, marathonien, bloggeur et grand voyageur, Sylvain Bazin a fait de sa passion son métier. Il parcourt les grands chemins du monde en courant et fait suivre ses aventures sur son blog. Après le chemin des 88 temples au Japon, la route du Puy-en-Velay suivie du Camino Francés et de la Via Francigena, il prépare de nouveau son sac à dos pour retrouver les sentiers de Compostelle sur la Via de la Plata. Il s’envole ce jeudi 27 mars pour Séville et débutera son pèlerinage vendredi.

 
« Je vais bientôt m’élancer pour un nouveau parcours vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Le 28 de ce mois, je vais en effet partir de Séville pour relier Santiago, un gros millier de kilomètres plus loin, en suivant le tracé historique de la Via de la Plata. 
Pour moi ce sera à la fois un retour et une nouvelle découverte. Retour, car j’ai déjà marché vers Saint-Jacques, deux ans plus tôt, en suivant, depuis mon camp de base d’Aix-les-Bains, la voie Podiensis puis le Camino Frances, jusqu’au bout de la terre d’Espagne, le cap Fistera. Nouvelle découverte, car c’est donc sur un autre trajet que je vais courir et marcher cette fois-ci. Un tracé entièrement espagnol et qui me donnera l’occasion de découvrir des paysages nouveaux, car je ne connais que très peu les lieux de ce tracé.
 
Si peu que ce voyage sera sans doute plein de surprises. Je ne suis allé qu’une seule fois à Séville, le point de départ de cette Via de la Plata, Salamanque, un des grands points de passage du parcours, est pour moi un vieux mais agréable souvenir d’enfance, et enfin, bien sûr, je suis déjà allé à Compostelle. Tout le reste, pour moi, est Terra Incognita ! J’ai hâte de fouler ce chemin ancestral, qui garde sans doute de nombreuses traces de son passé et des hommes qui y sont passé, pour des raisons aussi bien spirituelles que commerciales.
 
La Via de la Plata est en effet une route très ancienne. Elle relie, par monts, par vaux et par plaines, les terres du sud de la péninsule ibérique au plateau cantabrique au nord. Les romains l’empruntaient déjà et construisirent la principale voie romaine d’Hispanie. Elle devient ainsi une voie commerciale et culturelle majeure. Ensuite, elle continuera d’être importante pour les arabes, lors de la conquête de l’Espagne, et pour les chrétiens. Elle est une voie de transhumance, ainsi que de pèlerinage vers Saint-Jacques à partir du moyen-âge. 

Séville

La ville de Séville, départ de la Via de la Plata

Séville sur la Via de la Plata

La Tour de l'Or à Séville

Séville sur la Via de la Plata

La place d'Espagne à Séville

 
 
Bien entendu, cette importance économique, culturelle (le chemin est classé par l’Europe) et religieuse se retrouve encore aujourd’hui. Je vais rencontrer des édifices religieux, des ponts, des aqueducs et bien entendu des villes qui témoignent de ce riche héritage. Tant mieux. J’aime tant, dans mes voyages à pied sur les chemins de pèlerins, mettre mes pas dans ceux qui m’ont précédé et rencontrer aussi les traces de la spiritualité et de la créativité des hommes qui m’y ont précédé. C’est pour cela, ainsi que pour la diversité des paysages que ces grands itinéraires ne manquent pas de me donner, que j’aime trotter sur ces grands chemins. Mon premier voyage vers Saint-Jacques, qui inaugurait ma “série” sur les “grands chemins” (qui se poursuivra après cette Via de la Plata par d’autres itinéraires) m’avait enthousiasmé grâce à cette richesse, et j’aime m’inscrire dans cette continuité. 
 
Et puis, c’est vrai aussi, j’ai très envie de retrouver “l’ambiance du chemin”, cette douce itinérance où je n’ai qu’à me préoccuper de ma marche, de l’avancée permise par mes muscles, pour aller d’une étape à l’autre, et savourer l’instant. Courir de tout mon soûl, savourer l’étape, les pauses, les rencontres qui j’espère seront nombreuses. Rêver, m’interroger et penser aussi, en luttant contre le pessimisme et en me renforçant pour la suite. Adorer le voyage, vivre l’instant et aimer aussi l’idée du retour, du but à atteindre. 
 
Pour cela, cette Via de la Plata sera sans doute un excellent cadre. Les paysages seront sans doute parfois assez austère, de vastes étendues, parfois un peu sèches, où mes pensées pourront s’envoler. Des collines plus verdoyantes et des villages préservés, pour se redonner du courage, des villes, Salamanque donc mais aussi Ourense, Zamora ou Caceres, pour retrouver de la chaleur humaine, puis à la fin de mon parcours la belle Galice et ses montagnes, je vais sans doute avoir de bien belles vues dans mon regard et dans mon appareil photo. 
Je n’ai plus qu’à faire mon sac, qui sera léger, et à partir, pour courir, marcher, rêver et découvrir sur cette Via de la Plata, en pèlerin “moderne” que je suis devenu. »
 
Via Compostela, partenaire de ce projet, vous donnera régulièrement des nouvelles des aventures de Sylvain sur les chemins de Compostelle espagnols.
 
 

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