A mi-parcours de la Via de la Plata, Sylvain partage avec nous ses impressions. Depuis Salamanque, après 12 jours de marche, il nous raconte son quotidien, ses rencontres et ses petits tracas de pèlerin express.

« Salamanque marque symboliquement la moitié de mon voyage vers Compostelle sur la Via de la Plata. Le pic de la Duena, juste avant, est réputé être le passage à mi-parcours. L’étape fut particulièrement longue et pénible car mes pieds ont souffert mais après 550 km de course dans des conditions météo pas toujours avantageuses cela n’a rien d’étonnant.
 

« Cette première partie de voyage a comblé
mes attentes et la découverte fût belle »

Cette première partie de voyage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, a comblé mes attentes et la découverte fût belle. Car, cette Via de la Plata m'a enchanté par de bien beaux passages même si elle réserve quelques passages un peu plus ingrats, avec des traversées de plaines un peu fastidieuses. C'est une Espagne gentiment vallonnée, bucolique à souhait qui s'est offerte à mes pas.

Dès la sortie de Séville, ou presque, j'ai traversé le beau parc naturel de la Sierra del Norte : une montagne aimable, semée de chênes lièges et de chênes verts, où paissent vaches et moutons. On y rencontre également des cochons, qui "produisent" le fameux "jamón ibérico" que l'on peut déguster dans les restaurants locaux. C'est une Espagne très rurale et agricole que j'ai traversée. Les cultures alternent avec les zones d'élevages. Bien entendu, ce sont ces dernières qui sont les plus agréables à traverser. D'abords parce qu’elle signifie souvent collines et doux paysages, mais aussi parce que la présence des animaux est toujours une source d'intérêt et de rencontres !

Séville, départ de la Via de la Plata

Séville, ville de départ de la Via de la Plata

Vestiges romains

Vestiges romains


 

l'Espagne rurale

L'Espagne rurale


 

Bien sûr, je n'ai toutefois pas rencontré que veaux, vaches et cochons sur mon chemin ; d'autres pèlerins font le parcours et j'ai souvent partagé quelques pas, un verre ou un repas avec eux. De petites sociétés de pèlerins se créent même au fil du camino, au hasard des rencontres et des rythmes de marche. Comme je vais "trop vite", je n'y suis que de passage mais cela n'empêche pas de beaux échanges, comme tout récemment lors de ma dernière étape avant Salamanque ou j'ai diné en compagnie d'une joyeuse équipe de français et de hollandais. Ce sont souvent des pèlerins "expérimentés", qui marchent ici après avoir déjà fait route vers Saint-Jacques par des itinéraires plus habituels. Mais il est vrai que par sa beauté, sa diversité et sa richesse historique, cette Via de la Plata déprécierai sans doute quelques autres tracés si on l'effectuerait en "voyage inaugural".

 

« Ce sont souvent des pèlerins "expérimentés", qui marchent ici après avoir déjà fait route vers Saint-Jacques par des itinéraires plus habituels. »

Car le tracé m'a fait côtoyer la riche histoire de cette voie qui ne fut pas seulement spirituelle et religieuse. La "route de l'argent" fut aussi et peut-être avant tout une voie commerciale et c'est souvent dans le souvenir de l'ancienne voie romaine, que j'ai suivi très souvent, que nous cheminons.
Les romains qui ont laissé bien des empreintes qui sont encore les joyaux du chemin : bien sûr les ruines de l'amphithéâtre et du cirque à Merida, mais aussi bien des ponts et le fameux arc de Capara, symbole de cette Via de la Plata, que l'on franchit également peu avant Salamanque.

Cela dit, c'est aussi et surtout l'Espagne d'aujourd'hui que j'ai rencontré, à travers l'Andalousie et l'Extremadura, la région qui a accompagné mes pas sur la quasi-totalité du parcours jusqu’aux environs de Salamanque. Une province qu'on sent tout de même fortement atteinte par la crise, mais qui n'a peut-être jamais été bien riche. Pour le pèlerin, c'est plutôt une aubaine : les prix des repas et des hébergements sont assez modiques, comparé à chez nous.

Le contraste ville/campagne m'a paru plus marque encore qu'en France. Dans les villages, l'accueil est sympathique mais un peu rude, la cuisine relativement simple. Il en va différemment des cités historiques, ou l'on peut déguster tapas recherches et spécialités. Mais je suis loin d'avoir encore compris toutes les clés pour apprécier pleinement l'Espagne.
 

« Je suis loin d'avoir encore compris toutes les clés pour apprécier pleinement l'Espagne. »

Je traverse maintenant la Meseta après Salamanque. Ce n'est pas la partie la plus excitante du parcours, et j'espère profiter tout de même de ses perles, comme la cite historique de Zamora, avant de retrouver les belles montagnes de Galice et me diriger d'un bon pas vers Santiago, si mes pieds et les éléments me le
permettent !
 »

Vestiges romains

Vestiges romains

Salamanque

Salamanque

 

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