André accompagne les voyages à pied depuis 1999. Passionné de randonnée et d’histoire c’est naturellement qu’il est devenu spécialiste des voyages vers Compostelle. 

Quelle est ton expérience en tant que pèlerin ?

J’ai rarement cheminé seul le long de la Via Podiensis. Depuis 1999, j’accompagne des groupes sur des portions du Chemin qui passe par Le Puy-en-Velay pour aller, le plus souvent, jusqu’à Conques ou Cahors.
 
En juillet 2007, j’ai parcouru – toujours comme accompagnateur – l’Espagne pour un périple de 12 jours de St-Jean-Pied-de-Port jusqu’à Santiago, tantôt à pied, tantôt en véhicule ; c’était donc une approche du Camino Francés sans certains désagréments comme la traversée des zones commerciales et industrielles des grandes villes et les parcours monotones de long des autoroutes.
 
L’arrivée à St-Jacques m’a laissé sur ma faim ; l’important ce n’est pas d’arriver, l’important c’est de marcher toujours plus loin, toujours « Ultrëia » comme on dit sur le Chemin. En mai-juin 2011, j’ai également encadré un parcours du Puy à St-Jean-Pied-de-Port durant 35 jours. Il y a une dynamique du voyage à pied : si j’avais pu continuer, je l’aurais fait pour aller encore plus loin.
 

«  L'important ce n'est pas d'arriver,
l'important c'est de marcher toujours plus loin,
toujours " Ultrëia " comme on dit sur le chemin »

 


Traces antiques de la Via Traiana

 

de Bari à Polignano de Mare, au bord de l'Adriatique

 


Quelle est ton approche du pèlerinage ?

Je parcours cet itinéraire avec une motivation spirituelle globale ; si c’était un pèlerinage hindou ou bouddhiste, j’aurais autant d’enthousiasme à parcourir ces chemins. Je citerais volontiers Jean-Christophe Ruffin : « Compostelle n’est pas un pèlerinage chrétien mais bien plus, ou bien moins selon la manière dont on accueille cette révélation… Compostelle est un pèlerinage bouddhiste. Il délivre des tourments de la pensée et du désir, il hôte toute vanité de l’esprit… »

Pourquoi choisir la formule accompagnée ?

  • Pour être libre dans sa tête, sans le souci du parcours et des hébergements.
  • Pour ne pas passer à côté d’un endroit sympa ou intéressant : un bistrot, une chapelle…
  • Pour avoir quelques commentaires sur le milieu naturel, sur les villages traversés et, bien entendu, sur l’historique du pèlerinage.
  • Pour rencontrer d’autres personnes et ne pas partir seul.
Avec les tronçons accompagnés proposés par Via Compostela, la rencontre de l’autre, qui est une des caractéristiques de ce Chemin, se fait aussi à l’intérieur du groupe avec des hommes et des femmes qui ne feraient jamais la démarche de partir en solitaire.

Quelle est ta partie coup de cœur ?

La Traversée de l’Aubrac avec ses grandes étendues désertes et ses paysages parfois grandioses. J’ai aimé également le Pays Basque verdoyant et le passage des Pyrénées.

Un conseil pour les futurs pèlerins ?

Les pieds étant les outils de travail du pèlerin, il faut en prendre soin. Si vous avez les genoux fragiles, n’hésitez-pas à vous munir de bâtons. De plus, le bâton télescopique est la version moderne du bourdon du pèlerin d’autrefois ; il peut servir aussi à éloigner un chien, à écarter de hautes herbes, à attraper des prunes ou d’autres fruits.

Une anecdote ?

Les Chemins de Saint-Jacques sont des chemins de rencontres ou de retrouvailles avec les uns ou les autres. Il y a quelques années, entre l’Aubrac et Conques j’ai rencontré un espagnol qui était déjà parti de chez lui pour rejoindre Santiago, il avait ensuite continué jusqu’à l’océan, jusqu’au Finisterre espagnol. Il m’a dit que, s’il en avait eu la possibilité, il aurait continué encore, droit devant. Et là, il était parti du Puy et il retournait à Saint-Jacques. Saint-Jacques c’est une sorte de drogue, très douce. Je me souviens aussi de ce new-yorkais originaire de l’Inde est qui cheminait sur l’Aubrac ; c’était presque surréaliste.
 
 

 

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